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ROMAIN MOREAU : premier vigneron bio en terre oréenne

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18 Mai 2020

Tombé dans la marmite (ou dans le tonneau ?) quand il était petit, il n’a jamais eu envie de faire autre chose que vigneron.

ROMAIN MOREAU : premier vigneron bio en terre oréenne

Romain Moreau a tout juste 30 ans et vient de reprendre - en juillet 2019 - un domaine de 7,5 hectares de vignes, situé au Fief de Bel Air, entre La Varenne et Champtoceaux. Il conduit seul ses vignes, mais ne dédaigne pas un coup de main lors des périodes de taille ou de vendanges. Le tout ponctué des traditionnels « repas des vendangeurs »…
Cela est dit.

Romain produit :

- Du Muscadet / du beau du bon du vrai ;
- du Coteaux d’Ancenis rouge (gamay) / délicieux ;
- du Coteaux d’Ancenis malvoisie / demi-sec ;
- du Coteaux d’Ancenis rosé (gamay) / sec ;
- de l’Anjou rouge (cabernet) / à vieillir ;
- et du Cabernet d’Anjou / rosé demi-sec.

À noter que sa participation au Concours général agricole de Paris (février 2020), lui a valu une Médaille d’argent pour son Coteaux d’Ancenis rouge. Pas mal pour une première non ?

Divin muscadet

Personnellement j’ai un petit faible pour le muscadet. Je dois dire que celui de Romain Moreau me fait craquer car vraiment atypique. Ou bien plutôt : typique.
En goûtant on respire le terroir, comme une impression de se retrouver genoux à terre entre deux rangs de « Melon de Bourgogne », entre le minéral et le végétal, en silence et avec une grande bouffée d’air frais ! Que c’est bon.
Ne riez pas, c’est la deuxième fois que je ressens une telle émotion en dégustant un vin, la première c’était il y a plusieurs années, avec un Chinon. Ce fût un choc.

Technique et éthique

Les vignes du domaine sont toutes charruées pour ralentir la poussée des herbes folles.
Contre les maladies, Romain utilise du souffre et du cuivre - éléments néanmoins naturels - en très très faibles doses.
Contre les insectes, un mélange argile + eau rend la surface du végétal rugueuse et ainsi rebute les bestioles au batifolage sur les ceps.
Un grand intérêt est porté aux haies, aux grands arbres et à la forêt bordant les parcelles, ceux-ci participent à l’auto-régulation car ce sont des gîtes à prédateurs salutaires pour la vigne (coccinelles entre autres).
Les interventions sur les ceps se font toutes à la main (ébourgeonnage, palissage…)
Et c’est tout.

Juste du jus de raisin fermenté

À la cave on garde le même esprit.
Pour tous ses vins, Romain n’utilise qu’une seule levure bio et naturelle (sans aucun arôme) : cela n’intervient pas sur le goût du vin qui dépend uniquement du cépage, du terroir et du temps.
Pour sédimenter le jus (afin que les matières tombent au fond de la cuve) il utilise de la bentonite (une argile), ensuite la filtration est manuelle (filtre papier) et se fait à basse pression.
Surtout pas de rajout quelconque pour améliorer le goût, ou par exemple pour créer du « gras » (gomme arabique) : vous savez, quand on dit qu’il a « d’la jambe » ?
Seulement du jus de raisin fermenté.

Par rapport à la « viticulture moderne », Romain Moreau se dit « qu’il ne fait pas le même métier, qu’il n’est pas de ce monde ».
- « J’ai une autre vision des choses… Je me sens plus serein ».

Bouteilles consignées

- « Pensez à ramener vos bouteilles surtout ! Elles sont consignées 40 centimes. »

Explications :
« Le verre est un élément noble et les bouteilles sont faites pour durer 20 ans.
Partant de ce principe, c’est une aberration de les casser alors qu’elles n’ont servi qu’1 seule fois en 4 manipulations très courtes : mise en bouteille + étiquetage + vente + dégustation.
On jette du neuf …
Réchauffement climatique ?
Suite à cela, le contenu des cuves à verre est fondu pour créer de nouvelles bouteilles. Chouette, on recycle ! Très bien.
Mais pensez que pour fondre du verre, il faut chauffer un four pendant 24 heures à 2 000 °C. C’est une consommation d’énergie énorme !
Le meilleur recyclage est la réutilisation des bouteilles et donc, la consigne. »
À l’ancienne, certes.

Qui dit bouteilles consignées, dit lavage facilité. Où l’on parle de l’étiquetage.

Romain achète des étiquettes en paquets (découpées à l’unité) et non en rouleaux.
Il les colle avec une petite machine. Pour cela, il utilise de la colle solide, liquéfiée avec un peu d’eau. Un kilo de cette colle naturelle devrait lui durer 10 ans.
Ne pas utiliser d’étiquettes en rouleaux limite aussi les déchets, par exemple le plastique servant de support à l’étiquette adhésive.
L’autre intérêt est qu’il suffit de tremper les bouteilles dans de l’eau pour que les étiquettes se décollent toutes seules.

Souvenirs.
Cela me rappelle mon grand-père et mon père qui faisaient tremper leurs bouteilles dans des grands bacs d’eau pour les laver. Après égouttage, ils les remplissaient de nouveau avec du vin acheté en cubi. Les bouchons de liège trempaient dans l’eau chaude pour les assouplir et les étiquettes étaient apposées délicatement après un léger passage dans du lait. Nostalgie du temps où l’on avait le temps.

Romain rencontre souvent « les anciens », vignerons à la retraire. Ils sont attentifs et proches des jeunes qui s’installent. Ils les encouragent. Ils savent que leur façon de travailler n’était pas la bonne, que la vigne les a fait survivre plutôt que vivre de leur métier. Aujourd’hui, ils disent du travail de Romain : « C’est comme ça que nos parents faisaient la vigne ».
Ça sent la décroissance non ?
Toujours est-il que les vignes du côté du Fief de Bel Air sont en pleine santé ! Vivantes.
Elles grouillent de gentilles bestioles, on y voit des oiseaux virevoltants (l’Alouette Lulu est revenue), lapins, lièvres, perdrix y trouvent le gîte. Régulièrement un petit groupe de chevreuils qui vivent dans la coulée, viennent grignoter les jeunes pousses. Romain : « 1 rang pour les chevreuils, c’est pas la misère non plus. »
C’est beau d’entendre ça non ?

Romain Moreau, vigneron engagé et passionné, vous accueille dans ses vignes ou dans sa cave (selon météo) juste après déjeuner, lors de votre périple en Orée-d’Anjou avec Un jour un village.

Plus d’info sur la box Orée-d'Anjou.

Romain MOREAU
Le Fief de Bel Air à La Varenne / Orée-d’Anjou
06 23 58 85 99
fiefdebelair@orange.fr
Facebook : fiefdebelair

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À noter : suite à la crise du coronavirus, les box Un jour un village Orée-d’Anjou devraient à nouveau être utilisables dès le mois de juin. L’info sera diffusée via le site internet d’Un jour un village, les réseaux sociaux et via une newsletter. Leur date de validité est fin septembre 2021.

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