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Les Galloires, quelle histoire !

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19 Août 2020

Ou l’épopée « pas ordinaire » des femmes et des hommes de ce lieu, à travers les siècles.

Les Galloires, quelle histoire !

Entre Champtoceaux et Drain, vous apercevrez une petite chapelle en haut d’une colline. Elle est visible de loin, c’est là que se situe le Domaine des Galloires, cette chapelle en marque l’entrée.
De là, admirez la vue, elle est absolument splendide.
J’adore cet endroit, les vignes à perte de vue, la Loire en contrebas et Oudon au loin. Dans ces collines, il m’est même arrivé de voir des chevreuils passer d’un vallon à l’autre, tellement l’endroit est calme et préservé.

La Galouère d’hier...

Ce lieu pittoresque par sa localisation, est aussi chargé d’histoire.
La vigne est y présente depuis le 15e siècle.
À cette époque, 2,5 hectares de vigne + 40 hectares de terres agricoles appartiennent au château de la Galouère.
Unique vestige conservé : la pierre de l’autel de l’authentique chapelle du château de la Galouère, totalement rasée au 15e siècle. Sa destruction fait suite à celle de la forteresse de Chateauceaux (Champtoceaux ainsi nommé à l’époque).

Pour la petite histoire

L'anéantissement de Chateauceaux fût ordonnée en 1420, en réponse à un très long siège tenu par les Anglais et les Bretons, afin de libérer Jean V de Montfort, ce dernier retenu prisonnier par Marguerite de Clisson, dans le but de récupérer la couronne du duché de Bretagne.

Situé aux portes de la Bretagne, sur la  grande voie navigable qu’était la Loire à cette époque, l’avantage stratégique du site était forcément convoité.
Imaginez que la cité fortifiée de Chateauceaux était 3 fois plus grande que celle de Carcassonne !
10 ans de taxes imposées aux Nantais seront nécessaires pour aboutir à son arasement total !
Fin de la parenthèse.

Les seigneurs de la Tour Landry

Bref, du château de la Galouère ne reste aucune ruine visible, dommage.
Dès le 11e siècle, il était la propriété des seigneurs de la Tour Landry.
Ceux-ci possédaient plusieurs châteaux en Anjou, dont celui de la commune de la Tourlandry (cela ne s’invente pas).

Pour l’enseignement des jeunes filles

Le plus « célèbre » de ces chevaliers étant Geoffroy, qui vécut au 14e siècle. Il participa à de nombreuses batailles lors de la guerre de cent ans aux côtés des rois de France.
On lui connaît au moins deux fils et trois filles.
L’aîné des fils, Charles, est tué à la bataille d’Azincourt*.

*Azincourt : une des batailles de la guerre de cent ans. En 1415, l’armée française du roi Charles VI tente de barrer la route à l’armée du roi d’Angleterre Henri V qui veut rejoindre Calais, propriété anglaise depuis 1347. Cette bataille se solde par la défaite de l’armée française, le 25 octobre 1415, comme chacun sait.

Deux des filles de Geoffroy, Jeanne et Anne, se marient avec deux fils du vicomte Louis de Rochechouart, conseiller et chambellan du roi de France Charles V.

En 1371, Geoffroy écrit un livre « Livre pour l’enseignement de ses filles », appelé aussi « Le Livre du chevalier de La Tour Landry » : un traité d’éducation morale destiné à ses filles.
Il eut un tel succès qu’il fut traduit en anglais et en allemand au 15e siècle.

Le livre se présente comme un manuel pour inculquer aux jeunes demoiselles nobles les principes de vertu, de bienséance et de piété, à observer avant et après le mariage.

Pour le plaisir, quelques titres de chapitres, en vieux français évidemment :

  • Le second chappitre parle de ce que on doit faire quant on s’esveille.
  • Le tiers chappitre parle de deux chevaliers qui amoient deux suers.
  • Le quart chappitre parle d’une damoiselle que un seigneur vouloit violer.
  • Le VIe, de deux filles d’un chevalier, dont l’une estoit devotte et l’autre gourmandoit.
  • Le VIIe, comment les femmes et les filles doivent jeuner.
  • Le XVIe, de celle qui menga l’anguille.
  • Le XXXVe, de ceulx qui firent fornication en l’eglise.
  • Le VIXXVIIIe chappitre parle des trois enseignements que Cathon dist à Cathonnet, son filz, et comment Cathon essaya sa femme.

Il y a 128 chapitres, si vous les voulez tous, rendez-vous sur le site de la BnF. En français ancien, la lecture est assez ardue !

Olive de Belleville

La grand-mère de Geoffroy, Olive de Belleville, fût sa source d’inspiration.
Elle avait toutes les qualités exigées d’une femme de bonne famille : pieuse, pénitente, courtoise, charitable et très cultivée, aimant la poésie et toujours entourée de ménestrels et troubadours.
Elle « tenait salon » à La Galouère et son autorité dans le domaine des questions de galanterie et des « contestations » d’amour était très recherchée.

Fin’Amor

Il y a quelques temps, le Domaine des Galloires lui rendait hommage avec une cuvée spéciale de vin blanc mœlleux : « Fin’Amor ».
Au Moyen Âge, « fin’amor » (ou « amour courtois ») était la façon chevaleresque d’exprimer ses sentiments à une femme souvent inaccessible.

C’est intéressant de connaître toute l’histoire d’un lieu.
Aujourd’hui au Domaine des Galloires, plus de château, plus de chevalier mais la terre est toujours la même et elle donne encore la vie, elle aide à la production de vins, elle nourrit des animaux… et des hommes.

Moi je n’aimais pas l’histoire à l’école, cela se résumait à une énumération de dates, c’était plutôt la Vraie Histoire des gens que j’aimais et là, elle est riche et je dirais même, pas ordinaire.

Aux Galloires d’aujourd’hui !

Mais vous arrivez au Domaine des Galloires en 2020 et là, fini l’histoire avec un grand H…
L’histoire contemporaine fait maintenant 135 hectares dont 52 en vignes.

La famille Toublanc y est présente depuis 7 générations !

Le premier GAEC a été créé en 1967, il prend le nom de « GAEC des Galloires » en 1974.
La génération actuelle est jeune et dynamique, toujours fils et fille de la famille Toublanc.

La vigne est exploitée de façon raisonnée : effeuillage pour favoriser la maturation des grappes et éviter la propagation de maladies, enrichissement du sol avec le fumier produit par les bovins élevés sur place, utilisation de sulfite réduite au minimum et 20 hectares vendangés manuellement.
La situation même du domaine - à cheval sur les vignobles d’Anjou et de Bretagne - bénéficiant d’un climat océanique et d’un sol en micaschiste bien drainé, permet une gamme de vins  très large, allant du crémant de Loire à l’Anjou rouge ou blanc et du Malvoisie au Muscadet.
Les cépages cultivés sont entre autres, le gamay, le melon de Bourgogne, le pinot gris, le cabernet franc et le chenin.
Une cuvée de crémant de Loire blanc honore les créateurs du premier GAEC Toublanc, elle s’appelle « Léon et Jean ».

Cru communal

Le domaine produit depuis peu une cuvée « Champtoceaux ». Il s’agit d’un muscadet répondant à un rigoureux cahier des charges, afin de s’inscrire dans la démarche des « crus communaux ». Les vignes, sélectionnées par rapport à leur exposition et leur sol sont vieilles de 25 ans au moins, elles produisent moins de grains mais ils sont plus concentrés. La cuvée est élevée sur lie pendant 4 ans en moyenne, cela signifie qu’on laisse les dépôts de levures et autres particules (appelés les lies) dans la cuve afin qu’elles nourrissent le vin. Les lies vont l’assouplir et lui donner plus de complexité aromatique. Tout ce travail va permettre au vin de bien vieillir pendant de nombreuses années.
Voilà pour le vin !

Comme je vous le disais, le Domaine des Galloires, c’est aussi une exploitation d'élevage bovin. Il compte 80 hectares de prairies consacrés à l’élevage de vaches « Rouge des Prés » (AOP Maine-Anjou). Cette race a été obtenue en 1830 par Olivier de Rougé (agronome et homme politique du Maine-et-Loire) par croisement de vaches « Mancelle » (race locale rustique) avec des taureaux « Durham » (d’origine britannique).
C’est une grande vache, robuste, le mâle fait 1,70 m. au garrot et peut peser jusqu’à 1700 kg pour les plus lourds.

Voilà, vous savez tout ou presque sur le Domaine des Galloires. Bonne visite !

De notre reporter, Marie-Danièle.

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N’hésitez-pas à venir et revenir à Champtoceaux, le Domaine des Galloires est partenaire de la box découverte « Un jour un village Orée-d’Anjou » : visitez la cave et goûtez de merveilleux vins.
> Exclusivité Un jour un village : une bouteille offerte pour 30 euros d’achat au Domaine des Galloires. Sympa.

La Galloire, entre Champtoceaux et Drain / 49530 Orée-d’Anjou

02 40 98 20 10  -  contact@galloires.com
Site internet : galloires.com

> Plus d'info sur la box Orée-d'Anjou

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Avis et commentaires...

Posté le 23 août 2020 par Paul et Marie Hé

À l'école je n'aimais pas l'histoire de France, mais j'apprécie le récit sur l'histoire du domaine et son évolution actuelle, des personnes qui la perpétuent, courage à eux. Un connaisseur du milieu viticole.

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