Retour à la liste des articles

Atelier Lysy  : d'or et de passion

Je partage

27 Juin 2019

À Château-Thébaud au numéro 5 de la rue Saint-Thomas, rien ne vous laisse penser qu'un artiste y exerce son talent. C'est une petite maison de bourg, murs blancs, simple. Pas de panneau sur la façade, il existe mais il n'est pas encore posé… Bientôt  !

Atelier Lysy  : d'or et de passion

Atelier d'artiste


Une magnifique verrière d'atelier pourrait attirer votre regard, c'est bien là.
Si vous approchez, vous voyez derrière les vitres un plan de travail, un établi regorgeant de pots en tout genre, contenant des couleurs et autres produits, des outils dont vous ignorez sans doute l'usage. C'est pourtant tout ce qui est utile à Franck Lysy pour mener à bien ses travaux de restauration d'objets d'art.

Une vraie caverne d'Ali Baba  !


En entrant, vous franchissez une frontière. Assurément la richesse du lieu ne tient pas à ses murs - l'atelier est en cours de rénovation - mais à son contenu : profusion de cadres à ornements, dorés, restaurés ou en attente des mains de l'artiste. Debout contre les murs, posés sur des tables, il y en a partout. De tous les styles, Louis XV ou XVI, empire, baroque italien ainsi que quelques pièces de mobilier telles que des consoles, destinées à compléter la décoration de châteaux ou de quelque particulier.
Franck restaure les cadres, mais aussi les tableaux et les objets d'art.

Autodidacte


Sa première vocation est la peinture. Mais tout à commencé il y a 25 ans, quand il se prend de passion pour les vieux cadres. Durant 5 ans il travaille dans un atelier de restauration, à Versailles. On imagine sans difficulté que c'est un des lieux privilégiés pour «  apprendre le métier  ». Il se spécialise dans la dorure. Quoi de plus normal, à Versailles.
Puis, il choisit de s'installer dans la région nantaise, à la campagne et à Château-Thébaud, pour le bien-être de ses enfants.

Et technique


Actuellement, il est seul dans son atelier, le travail est minutieux, long souvent et demande beaucoup de concentration. La restauration d'un encadrement peut durer plusieurs semaines.
Lorsqu'il prend possession d'un cadre mal en point, Franck doit d'abord le décaper entièrement, parfois il doit refaire des morceaux trop abimés. Que le cadre soit en bois ou en plâtre, il lui faut sculpter à l'identique une nouvelle pièce. En ce moment, ce sont des petites mains qu'il façonne délicatement.
Une fois la surface prête, poncée pour être parfaitement lisse, des pigments sont appliqués en fonction des reflets que l'on souhaite obtenir, cela peut aller des teintes claires, jaune pale, ou plus foncées, rouge pourpre. La feuille d'or est appliquée à l'aide d'un large pinceau plat sur une colle confectionnée à partir de blanc de Meudon et de peau de lapin. Après 3 heures de séchage et les outils adéquats (sortes de tourne-vis avec une extrémité adaptée à la forme des motifs), il convient de faire ressortir les détails de certaines pièces, comme les veinures des feuilles par exemple  : c'est un autre travail de longue haleine. Après cela, l'or étant mate, le polissage est effectué avec un outil dont l'extrémité est composée d'une pierre d'agate. On appelle ce procédé la dorure à la française.
On n'imagine pas un instant la délicatesse, le degré de minutie et le temps nécessaires pour aboutir à un somptueux encadrement rutilant  !

Un métier devenu rare et nécessaire.


Franck déplore le déclin progressif de l'intérêt suscité par ce style d'objets et la tendance à se fournir à pas cher dans des grandes surfaces de meubles et décoration  : « mode aboutissant à une uniformisation des maisons, pas de personnalité, rien que de l'industriel au détriment de l'artisanat d'art » dit-il. Le métier se perd. Les apprentis ne sont pas suffisamment assidus et motivés, ne comprenant pas le risque de voir disparaître des pratiques dont la valeur est inestimable.
Heureusement les antiquaires sont toujours demandeurs mais la clientèle américaine, longtemps présente sur le marché de l'art, se raréfie  : la crise de 2008 étant passée par là.
Quid de toutes ces œuvres qui font notre patrimoine  ?

Une visite insolite  !


Si vous passez à Chateau-Thébaud avec la box Un jour un village, la découverte de l'Atelier Lysy sera un moment d'une grande richesse. Où l'on vous montrera les techniques et la passion dont il faut faire preuve dans l'accomplissement de ce beau métier. Car il y a les bases, puis le fameux système D… en sachant faire preuve d'inventivité.
Entrez sans hésitation  !

Sur le conseil de Marie-Danièle, reportrice exclusive Un jour un village.


Atelier LYSY
5 rue Saint-thomas à Château-Thébaud / 06 24 56 46 57

Bon à savoir : avec la box Un jour un village Château-Thébaud  : 10% de remise sur un encadrement ou la réparation d'un vieil objet.

Voir la box

+
+
+
+
+
+
+
+
+
+
+

Avis et commentaires...

Personne n'a encore laissé d'avis sur ce billet. Soyez le premier à le faire !

je laisse un avis

X